
Du 9 mai au 13 juin 2024.
Vernissage le vendredi 17 mai à 18h30 en présence de l’artiste.
Ewan Lebourdais est un photographe maritime d’origine rennaise et aujourd’hui installé à Brest. Autodidacte et passionné par l’élément maritime, il a affuté son regard et sa technique au contact de la mer et des bateaux.
En 2021, son cliché de l’Hermione, issu de sa série de photographies « Périscopes », lui permet d’intégrer le corps séculaire et prestigieux des Peintres officiels de la Marine. Cette technique consiste à immerger son appareil entre deux espaces, la mer et le ciel. La mer en premier plan se transforme alors en écrin pour mettre en avant le sujet photographié.
Comme un peintre prépare sa toile, Ewan Lebourdais imagine ses prises de vue.
Certaines ont été pensées il y a des années. C’est le cas de sa récente photographie Moby Stormy, représentant le SNLE Le Triomphant en partance dans la tempête. Elle est impressionnante : le sous-marin s’enfonce dans une eau si sombre qu’elle se confond avec le noir anthracite du submersible. Notre regard est d’abord attiré par le jaune des capuches des vestes de quart des marins juchés dans la baignoire, puis redescend pour découvrir l’élégance avec laquelle une ligne d’écume sabre le ciel et prolonge le gouvernail. L’artiste a attendu 10 ans pour pouvoir prendre ce cliché : attendre de recevoir l’autorisation de la marine Nationale, puis, et c’est la tâche la plus difficile, attendre la bonne fenêtre météorologique pour saisir l’instant imaginé.
D’autres clichés sont le fruit d’une heureuse surprise : il doit composer avec les éléments. Parfois les navires sont pris dans la brume, parfois le vent est absent et la mer est d’huile, parfois au contraire la mer est déchainée et la pluie battante.
Sur les chantiers navals il lui arrive de manquer de lumière, il plonge alors le sujet dans le noir et l’isole artificiellement. Il interroge le regard du spectateur transformant un sous-marin en cétacé, une hélice en fleur, l’obscurité d’un chantier naval en fonds marins. Des anomalies il créé du beau, une esthétique qui lui est propre.
L’exposition « Choses Maritimes », nom emprunté à son dernier ouvrage paru aux éditions Odyssée, est la synthèse de toutes ces recherches. Elle est l’expression de la « maritimité » de l’artiste, néologisme des années 90 utilisé pour définir la relation complexe qu’entretien l’homme avec la mer.