Jean-Bertrand Pégot-Ogier

(1877-1915)

Les dernières décennies du XIXe siècle et les premières du XXe sont une période faste pour la création artistique en Bretagne. Nombreux sont les artistes de renom à venir s’installer dans la région. Paul Gauguin ou Paul Sérusier qui ont fréquenté Pont-Aven. Mais cette époque est aussi celle de la formation et de l’émergence d’une jeune génération d’artistes bretons, tel que parmi lesquels Mathurin Méheut, Jean-Julien Lemordant et Jean-Bertrand Pégot-Ogier.

Jean-Bertrand PEGOT-OGIER né à Salamanque en Espagne, déménage très tôt avec sa famille à Hennebont. Il étudie au lycée de Lorient. Deux passions animent le jeune Jean-Bertrand : la peinture qu’il aime pratiquer dans sa région, et les courses cyclistes qui connaissent alors un véritable essor.

Initié très jeune, par son père à la peinture, il aimait représenter l’âme bretonne, les habitants, travailler sur les couleurs et les lumières de la région. Il aime représenter la Bretagne, et « l’âme Bretonne ». Dans ses tableaux, on retrouve des scènes de la vie quotidienne d’avant-guerre : des retours de pêche, des moissons, des lavandières, des cérémonies du pardon… Les paysages qu’il a peints donnent une sensation d’instants suspendus dans le temps.

C’est à Hennebont, Groix, Concarneau et au Doëlan que le jeune artiste peint ses premières toiles.

Vers 1897 en vacances à Concarneau, il rencontre Théophile Deyrolle et Alfred Guillou, inspirateurs de l’École de Concarneau, qui éveillent en lui une sensibilité à la culture bretonne. Il commence à peindre lors de séjours à l’île de Groix. Ses œuvres sont fortement inspirées par la Bretagne. Il séjourna à plusieurs reprises au Faouët (Morbihan).

En 1900, il expose à Paris au Salon des artistes français avec le soutien d’Alfred Guillou et de Théophile Deyrolle. Il devient sociétaire de la Société des artistes français.

En 1901, il expose à nouveau à Paris au Salon des artistes français. En 1904, il expose deux œuvres à Nantes. Il se rend également à Port-Blanc avec son frère Ferdinand pour répondre à l’invitation d’Anatole Le Braz. Il est membre de l’association des bleus de Bretagne.

En 1905, il expose deux œuvres à Rennes. Il partage son existence entre Hennebont et Paris, et devient collaborateur artistique du journal Le Breton de Paris, secrétaire de l’Association des Morbihannais de Paris, puis secrétaire de la Fédération des Bretons de Paris.

Il organise, en 1907, une grande exposition à Lorient sous le patronage des Sauveteurs bretons et de la Marine. En mars 1908, est créé la Société lorientaise des beaux-arts dont il devient vice-président.

En 1909, il fait une exposition à Cologne en Allemagne.

Comme Méheut et Lemordant, Jean-Bertrand Pégot-Ogier devient un artiste sous les armes quand la Grande guerre débute. Il se bat dans l’Aisne en 1915. Il essaye, malgré les combats, de poursuivre son activité d’artiste. Mais, le 2 octobre 1915, Pégot-Ogier meurt d’un éclat d’obus dans la tête à Moulin-sous-Touvent (Oise).

Il avait 38 ans.

Une exposition retraçant la vie et l’oeuvre de Pégot-Ogier au musée du Faouët s’est tenue en 2015 ainsi que la publication d’un bel ouvrage aux éditions locales Liv’Editions.

L’oeuvre de Jean-Bertrand Pegot-Ogier ci-dessus est actuellement présentée à la Galerie Winston à Dinard.